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Comment la vitellogénine assure la survie des abeilles en hiver

Comprendre le lien entre la vitellogénine et la survie hivernale des abeilles permet de saisir pourquoi certaines colonies dépassent 90 % de survie quand d’autres s’effondrent. Les mécanismes sont connus : accumulation de cette protéine, qualité du pollen, état du corps gras et maîtrise du varroa avant l’hivernage.

La vitellogénine et la survie hivernale de l’abeille

Une abeille née en juin vit moins de quatre semaines. Celle qui naît en septembre peut dépasser six mois. Le génome, la reine et la ruche restent les mêmes : c’est surtout la physiologie, notamment la quantité de vitellogénine accumulée dans le corps gras, qui explique cet écart. Cette réserve protéique caractérise les abeilles d’hiver.

Ruches et abeilles sur une structure en bois avec des cellules and des cadres, montrant l’activité des colonies et une abondante présence d’abeilles. intégré: vitellogénine et survie hivernale des abeilles.

Pourquoi l’abeille d’hiver vit plus longtemps

Les observations de terrain confirment ce constat. Les travaux de l’ITSAP-Institut de l’abeille, de l’INRAE et de l’Acta ont donné lieu à une étude associant de forts taux de vitellogénine à une hausse de 30 % de la probabilité de survie hivernale. Pour mieux comprendre ce lien, consultez l’état métabolique des abeilles et ses interactions avec la vitellogénine.

  • Survie élevée : dans les colonies où les individus présentent de forts taux de vitellogénine, les taux de survie atteignent environ 90 % en période hivernale, selon l’étude.
  • Survie réduite : les colonies composées d’individus à faibles taux de vitellogénine affichent des chances de survie hivernale d’environ 60 %, avec une mortalité hivernale nettement supérieure.
  • Réserve corporelle : la vitellogénine forme une réserve protéique et lipidique, souvent décrite comme une réserve de graisse, qui aide l’abeille à assurer la survie du groupe pendant plusieurs mois sans pollen disponible.

Au printemps, le capital protéique autorise une relance précoce du couvain. Même lorsque le pollen reste rare, les abeilles en hiver qui ont bien traversé la saison peuvent produire la gelée royale nécessaire aux premières larves. La qualité du couvain de relance dépend directement de ce capital constitué à l’automne. L’alimentation influence directement cette longévité : l’impact de la nutrition sur la survie hivernale des abeilles précise les équilibres à respecter.

Le corps gras fabrique les réserves

Le corps gras est l’organe central de la production et du stockage de la vitellogénine. Il synthétise cette phosphoglycoprotéine antioxydante à partir des protéines et des acides aminés apportés par le pollen. Une abeille dont le corps gras reste fonctionnel aborde l’hiver avec une vitalité et un potentiel immunitaire bien supérieurs à ceux d’une abeille affaiblie.

Dès la sortie d’hiver, les colonies qui ont constitué ces réserves montrent une capacité remarquable à relancer le couvain avant l’arrivée des premières floraisons. En janvier, ce n’est pas seulement la nourriture stockée dans les cellules qui soutient les larves : le corps gras des abeilles fournit une part essentielle des ressources mobilisées. Pour mieux comprendre la régulation de la température et du stress thermique, la survie hivernale des abeilles explique la formation de la grappe et les mécanismes d’économie d’énergie en jeu.

Abeille d’été et abeille d’hiver côte à côte: comparaison illustrée des hormones, énergie et reines, avec ruches et fleurs, montrant la vitalité saisonnière et la fertilité des colonies.

Le pollen prépare l’hivernage

La synthèse de vitellogénine dépend du pollen consommé par l’abeille. La période critique se situe en août et septembre : une ressource abondante et diversifiée conditionne la qualité des abeilles d’hiver produites par la colonie. Les couverts fleuris de moutarde, de trèfle, de vesce, de phacélie ou de tournesol, ainsi que les haies et les lisières forestières, apportent des ressources utiles. Les cultures intermédiaires semées entre deux cultures principales jouent également un rôle concret.

À l’inverse, une alimentation limitée au sirop de sucre, sans complément protéiné, ne suffit pas. Les abeilles doivent alors puiser dans leurs propres réserves de vitellogénine au lieu de les constituer. La nutrition des abeilles à cette période pèse directement sur la vitalité des colonies en hiver.

Le varroa compromet les abeilles d’hiver

En 2019, une équipe américaine a établi que le varroa ne se nourrit pas d’hémolymphe, comme on le croyait depuis cinquante ans, mais du corps gras. Cette découverte a des conséquences directes sur la conduite des traitements en apiculture. En détruisant cet organe, le parasite atteint la structure qui fabrique la vitellogénine et affaiblit les abeilles d’hiver chargées d’assurer la survie de la colonie jusqu’au printemps.

Une abeille parasitée en août entre dans l’hiver avec un corps gras appauvri et une vitalité réduite. Elle devient aussi plus sensible au stress, aux néonicotinoïdes et aux agents pathogènes. Les travaux de l’INRAE sur la vitellogénine et la survie hivernale confirment l’importance de ces aménagements.

Une colonie fortement infestée en août peut ne pas passer l’hiver, même si elle est nourrie et traitée en octobre. Un traitement tardif ne reconstitue pas un corps gras détruit. La prévention précoce, avant août, reste donc déterminante pour préserver la capacité de la reine à produire des abeilles d’hiver dotées de réserves suffisantes. La mortalité hivernale n’est souvent que la conséquence visible d’un affaiblissement commencé en été.

Niveau de vitellogénine Taux de survie hivernale Facteur principal
Élevé (forts taux) Survie d’environ 90 % Pollen abondant et varié en août-septembre
Faible (faibles taux) Environ 60 % Déficit pollinique ou infestation varroa précoce
Corps gras détruit Hiver fatal Infestation varroa non traitée avant août

Foire aux questions

Comment la vitellogénine améliore-t-elle les chances de survie d’une abeille en hiver ?

La vitellogénine est une protéine antioxydante stockée dans le corps gras de l’abeille. Elle soutient l’immunité, ralentit le vieillissement cellulaire et fournit une réserve d’énergie mobilisable pendant les mois sans pollen. Une étude menée par l’ITSAP-Institut de l’abeille, l’INRAE et l’Acta indique qu’un niveau élevé de cette protéine augmente de 30 % la probabilité de survie hivernale, les colonies les mieux pourvues atteignant des taux de survie d’environ 90 %. La qualité du pollen consommé en août et septembre conditionne cette accumulation, bien avant l’arrivée du froid.

Pourquoi le varroa est-il si dangereux pour les colonies en hiver ?

Contrairement à ce que l’on a cru pendant cinquante ans, le varroa ne se nourrit pas d’hémolymphe, mais du corps gras de l’abeille, comme l’a démontré une équipe américaine en 2019. Or ce tissu produit et stocke précisément la vitellogénine. En le détruisant, le parasite prive l’abeille de sa principale réserve hivernale. Une colonie fortement infestée en août n’a plus les ressources physiologiques nécessaires pour traverser l’hiver, même après un traitement en octobre : la destruction du corps gras est irréversible.

Quel rôle jouent les cultures intermédiaires et les couverts fleuris pour les abeilles d’automne ?

En pratique avec les Buckfast, la floraison de septembre fait la différence sur la qualité des abeilles d’hiver. Les cultures intermédiaires, comme la moutarde, les vesces et la phacélie, ainsi que les haies et les lisières forestières, apportent un pollen riche et diversifié lorsque l’offre naturelle se raréfie. Les abeilles nées à cette période le transforment directement en vitellogénine et vivront jusqu’au printemps suivant. Un environnement pauvre en ressources florales compromet alors leur vitalité et réduit les chances de survie des colonies en hiver, parfois avant même les premières gelées.

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